Rapport de livraison.


Arrivée à bon port après une journée plutôt chargée.
Enfin arrivée, lâchée parmi ces gens automates, programmés pour prendre telle ou telle sortie. Je suis là, mon sac de 10kg avec le soi-disant strict minimum, pour 4 jours il faut un grand minimum de choses quand on est dans ma tête.
J'avais besoin de partir, un grand besoin.
Ce matin elle a essayé de me convaincre que ça allait forcément changer, que je trouverai un jour "les" réponses. J'ai essayé de lui faire comprendre que si un jour je les trouve ce ne sera pas grâce à elle, mais je me suis mal exprimée, entêtée ( moi ?! jamais ), et du coup j'ai dû passer pour la sale gamine qui croit tout connaitre sur tout. Loin de là mon intention, mais sous son regard lourd de sens, chaque mot est pesé, croyez moi. J'aime bien balancé deux trois trucs qui vont lui faire mal quand l'occasion se présente, histoire de ré-équilibrer la balance. Mais je sais que les répercussions vont vite venir.
J'avais besoin de partir, quelques jours, histoire de tout mettre de côté pour un petit moment. Je dois avouer que j'ai pas envie de rentrer. J'aime me sentir perdue dans ces bouches de métro, sur ces quais de gare. J'ai l'illusion d'être une Louise à la Lévy ou bien une de ces héroïnes blasées, qui sait qu'elle est infiniment insensée mais qui pourtant se présente dans un monologue purement ostentatoire et acharné.
J'aime aussi aller le voir, je m'imagine tout lui dire, jouer franc-jeu dans son cabinet. Mais non, c'est ridiculement incapable que je lui parle toujours des mêmes choses, alors que je sais qu'il y a d'autres problèmes, que j'aimerai bien comprendre.
Je me sens seule, larguée, comme sur un fil de funambule.. Problème : j'ai le vertige. Puis plus de "pilier" comme elles diraient, enfin ça ça faisait un moment qu'il s'éffritait, mais maintenant ce n'est qu'un tas de poussière que je piètine pour pouvoir avancer. Mais je le sens, le fil s'amincit, la corde retrécit, je me sens tomber. La ville rose est là pour me rattraper, mais j'ai peur qu'elle ne soit qu'un puit sans fond.
J'aimerai trouver un fond solide vous voyez ? J'ai revu mes critères à la baisse, ça devrait fonctionner. La dernière fois je n'ai pas eu l'occasion de lui offrir cette dernière danse, qui je l'ai espéré, aurait rattrapé ces mois de jachère sentimentale. Mais non, le destin en a décidé autrement, et mon incroyable manque de courage aussi. Je les vois tous à se faire des bisous sur le front, à attendre des enfants, à se surprendre... Elle était enceinte, ils étaient beaux . Jeunes, certes, mais tellement beaux. Le jour où j'aurai un p'tit Louis sous le nombril, je serai heureuse moi aussi. Mais faudra d'abord que j'ai tout bien accepté... Et c'est pas demain la veille.
Je me sens seule, même si ils sont tous là, avec moi les soirs où je suis seule, contre moi quand j'ai besoin de pleurer, près de moi quand je veux parler, loin de moi quand je suis mauvaise ...
Elle, je l'aime cette sale peste, sa lettre m'a fait pleurer. Mais c'est comme ça, elle a raison. Le jour du mariage je lui nouerais la cravate c'est promis, puis j'irai garder les enfants après.
Je suis heureuse qu'elles soient là et de partager mon p'tit chez moi avec tous ceux qui s'y aventure.
Je me sens seule aussi parce qu'il ne veut pas comprendre ni se remettre en question. Il est le modèle qui m'a été pré-programmé, mais il fuit son rôle. C'est embêtant, si si je vous assure...
Bon c'est pas que mais demain les rues de la ville aux multiples bouchons m'attendent. Je ne m'attarde pas.
Bon vent à ceux qui auront eu le courage d'arriver jusqu'ici, et qui je suppose, n'auront rien compris .. C'est normal, vous inquiétez pas, le soucis vient de moi
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# Posted on Tuesday, 10 February 2009 at 5:49 PM

Edited on Wednesday, 11 February 2009 at 4:55 AM